meditation vipassana australie

Celui qui regarde à l’extérieur, rêve. Celui qui regarde à l’intérieur, s’éveille. – Carl Jung

C’est un article un peu particulier que je vous partage, car il ne parle pas de voyages dans le monde ou au quatre coins de l’Australie, mais d’un voyage bien plus profond : un voyage à l’intérieur de moi-même.

Il y a quelques temps, je suis partie dans un centre de méditation Vipassana à côté de Melbourne. Pendant 10 jours, je n’ai pas eu le droit de parler, de lire, d’écrire, d’écouter de la musique, d’avoir mon téléphone ou d’interagir avec qui que ce soit. Pendant 10 jours, la seule chose que j’ai eu le droit de faire était de méditer toute la journée. En gros, j’ai vécu la vie d’un moine ou d’une none, la religion en moins.

Maintenant que j’ai eu le temps de prendre un peu de recul sur mon séjour et de revenir doucement à la « vie réelle », je partage avec vous l’expérience la plus difficile et puissante de ma vie car je pense que tout le monde devrait profiter des bénéfices de cette technique si spéciale.

 

QU’EST-CE QUE LA MÉDITATION VIPASSANA ?


Pour ceux qui ne connaissent pas et qui se demandent bien ce que veut dire ce nom un peu bizarre, Vipassana signifie « voir les choses telles qu’elles sont réellement ». Il s’agit d’une technique de méditation très ancienne car découverte et enseignée par le Bouddha il y a 25 siècles. C’est grâce à un long travail sur lui-même qu’il réussit à atteindre l’illumination, l’éveil total, le « Dhamma » (la voix de la libération) à la fin de sa vie et il décida de partager sa découverte en enseignant la méditation dites Vipassana. Cette technique s’est propagée en Inde mais s’est dénaturée en traversant tous ces siècles.

À partir des années 60, un indien du nom de Goenka a décidé redonner la forme la plus pure possible et proche des traditions du Bouddha à la méthode Vipassana, et de l’enseigner dans le monde entier. Aujourd’hui, on trouve des centres un peu partout dans le monde et des milliers d’étudiants peuvent témoigner de ses bienfaits.

Ce que j’ai aimé dans son enseignement, c’est qu’il insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une religion ni d’une méthode sectaire. Cette technique est ouverte à tous, elle ne nécessite pas d’être dévoué à tel ou tel Dieu, de s’habiller tout en blanc ou de pratiquer tels rituels. Non, selon cette technique, il n’y a qu’une seule personne qui peut accomplir un miracle, vous aider à atteindre le bonheur et vous libérer de vos souffrance : vous-même.

« I am against conversion (to Buddhism). In my speech at United Nations, the first thing I said was that I am for conversion, but not from one organised religion to another, but from misery to happiness, from bondage to liberation. » – S. N. Goenka

Il explique aussi qu’il existe 3 niveaux pour arriver à la véritable sagesse :

– Premier niveau : on va pratiquer les rites d’une religion sans vraiment se poser de question, tout simplement parce que notre éducation nous a conditionné à faire comme ça.

– Deuxième niveau : on va questionner cette religion, comprendre pourquoi l’on fait ces rites, réfléchir si l’on est d’accord ou pas avec une certaine philosophie, partager ses idées, son point de vue, défendre telle philosophie et critiquer une autre.

– Troisième niveau : on va la vivre cette philosophie, l’expérimenter. C’est ce que propose Vipassana. Pendant ces 10 jours, vous expérimentez la technique du Bouddha qui l’a amené à sa liberation totale, au bonheur véritable. Il s’agit d’un premier pas, mais ce pas, vous le faites vraiment, vous ne vous contenez pas de partager une citation sur les réseaux sociaux 😉

 

EN PRATIQUE, ÇA SE PASSE COMMENT ?


Pour ressentir tous les bénéfices de cette technique, il faut respecter certaines règles pendant ces 10 jours au centre : le « noble silence » tout le long, pas de contacts avec les autres, pas même un petit eye contact ou sourire en coin, n’avoir aucunes distractions (pas le droit d’écrire, de lire, de faire du sport, ou tout ce que vous voulez). On vous prend votre téléphone le premier jour et il vous sera rendu le dernier jour. Heureusement, tu as quand même le droit de marcher, de faire les 100 pas dans le jardin quoi, car tu n’as pas le droit de sortir du centre non plus.

Une journée se résume à ça :


4h du mat, réveil par le gon
g suivi de 2h de méditation
6h30, petit déjeuner et repos suivi de 3h de méditation
11h, déjeuner et repos suivi de 4h30 de méditation
17h, pause thé suivie de 2h de méditation et 1h de cours du soir de Goenka
21h, tous au dodo !

Et là vous faites le calcul … « Ça fait plus de 10h de médiation dans la journée !! Et le diner ? Il est quand le diner ? »

Alors oui, je vous avais prévenu, tout ce qu’on fait là-bas, c’est méditer, dormir, manger, marcher. Et on recommence le lendemain. Mais honnêtement, on fini par apprécier les heures de méditation au bout d’un moment car de toute façon, ba, on n’a rien d’autre à faire ! Et pour le diner, il n’y a pas de diner. Seulement du thé et des fruits. Une petite détox corporelle ne fait pas de mal non plus !

Et là vous vous dites …  » Mais pourquoi se faire autant de mal ?? Pourquoi t’es allée te foutre dans un endroit pareil ? »

Honnêtement, je me suis posée la question presque tous les jours !! Mais finalement, cette expérience m’a appris tellement de choses sur moi-même, sur la vie ! Cela fait plus d’un an qu’on voyage tous les deux avec Max, qu’on ne s’arrête jamais. J’avais besoin d’un moment à moi, pour faire le point, sur cette année, sur ma vie, sur moi-même. J’avais déjà entendu parlé de Vipassana, je m’étais inscrite 6 mois plus tôt à Sydney mais j’avais annulé car je ne me sentais pas prête, ce n’était pas le bon moment. Cette fois-ci, je sentais que j’en avais besoin. On dit qu’il n’y a rien de mieux que le voyage pour apprendre à se connaitre vraiment, mais c’est d’autant plus vrai avec ce voyage intérieur.

C’est difficile à imaginer sans le vivre, mais il faut prendre conscience que tu es complètement seul avec toi-même pendant ces 10 jours. Et c’est long 10 jours ! Tu apprends à vivre avec toi-même et à accepter sans jugement ce qui en ressort.

Voici une petite partie de mon expérience, que je me suis empressée d’écrire dans mon carnet de voyage à mon retour. Je tiens à préciser qu’il s’agit de mon expérience personnelle, de mon propre ressenti. Il ne faut pas y aller avec des attentes particulières ou avec l’expérience de quelqu’un d’autre en tête, vous seriez déçu. Même si le schéma se ressemble, chacun vit cette expérience à sa manière et en tire ses propres bénéfices. Certains vivent des transformations radicales, d’autres y vont pour surmonter une douleur émotionnelle intense suite à un évènement. D’autres, comme moi, y vont pour leur développement personnel, pour se retrouver seul avec soi-même dans des conditions qu’on ne retrouvera pas ailleurs dans sa vie.

voyage australie meditation nature

LES PREMIERS JOURS : NARINES ET SOLITUDE 


« SEE YOU ON THE OTHER SIDE »

J’arrive au centre en fin de journée. Je suis un peu nerveuse car je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre, je sais que ça va être dur, mais je suis loin de me douter à quel point. J’ai quitté Max quelques heures plus tôt, c’était si dur ! Cela fait plus d’1 an qu’on est tout le temps ensemble… J’appréhende ces 10 jours sans pouvoir lui parler ! En tout cas, je suis plutôt rassurée car les gens ont l’air « normaux ». J’avais peur de me trouver avec des gens complètement perchés !

Je m’enregistre et je donne mon téléphone après avoir envoyer quelques messages d’adieu à mes proches :p

Dès le début et pendant tout le long, les hommes et les femmes sont totalement séparés. Je me retrouve donc avec une vingtaine de femmes et je partage ma chambre avec deux filles de mon âge. Je me dis que ça va être très difficile de ne pas discuter le soir !

J’arrive dans le hall de méditation pour notre première heure. Je suis toute excitée de commencer cette aventure. En entrant, une canadienne avec qui j’avais sympathisé plus tôt, qui fait son deuxième Vipassana, me dit « see you on the other side ». Et voilà, c’est parti ! On s’installe sur notre coussin de méditation, qui sera notre place pendant toute la durée du séjour. La méditation commence par un chant de Goenka (si je peux appeler ça chanter) et je me retiens d’éclater de rire. Est-ce que c’est une blague ?? Je suis à deux doigts de saigner des oreilles. Qu’on arrête ce supplice ! Puis Goenka nous donne des instructions. Ça y est, en sortant de la méditation, le « noble silence » est instaurée et ce, pour 10 jours. On va toutes rejoindre notre lit en silence.

FOCUS SUR LES NARINES

Le lendemain matin, le gong sonne à 4h pour notre méditation du matin. Je suis si fatiguée. Je me rend compte qu’il est possible de s’endormir en étant assis. Heureusement que je ne ronfle pas car c’est si silencieux dans le hall ! On entend les mouches voler. Enfin on entend surtout les joyeux bruits du corps humain ! Qu’est-ce que c’est bruyant un corps ! Les ventre qui gargouillent de faim, les reniflements, les raclements de gorge… Mais après le petit-déjeuner, je me rend compte que c’est encore pire ! Certains ne digèrent pas très bien le porridge… Entre les relents, les rots et les pets refoulés (ou pas). Sympa la méditation !

Pendant ces 3 premiers jours, j’ai du mal à me concentrer. Rester assise pendant toutes ces heures, c’est dur. Mon esprit est très agité, je pense à milles choses à la fois, des choses complètements absurdes et futiles. Goenka nous donne l’instruction de nous concentrer complètement sur une seule partie de notre corps : la région des narines. Je passe donc 3 jours complets à me concentrer sur mes narines sur fond sonore de Goenka qui nous répète 10 fois avec son accent indien « Work diligently. Diligently. Work patiently and persistently. Patiently and persistently. »

Au début, ça m’exaspérait. Puis je me suis prêtée au jeu et je commence à en percevoir les bénéfices. Je dois me concentrer sur les sensations de mon souffle au niveau de mes narines. Observer quelles sont les sensations. Au fur et à mesure, l’esprit s’aiguise et s’apaise. Mon flot de pensées devient plus calme, plus clair. Je perçois aussi des sensations de plus en plus subtiles.

MON BESOIN D’ATTENTION

Le silence n’est finalement pas la chose la plus difficile. Par contre, je ne me suis jamais sentie aussi seule et ça commence à me rendre malheureuse. Je suis constamment entourée, mais je suis seule. Car au delà de l’interdiction de parler, nous n’avons pas le droit de nous regarder, de nous sourire, d’avoir quelque interaction entre nous. J’ai l’impression d’être un fantôme, au milieu d’autres fantômes. Je n’existe pas. Personne ne me prête attention. Mon dieu, c’est si dur ! Je me rend compte à quel point je suis dépendante du regard et de l’attention des autres ! Et mon égo en prend un bon coup.

J’ai envie de partager mes ressentis, mes plaintes, mon expérience avec toutes ces femmes qui m’entourent et qui vivent la même chose. Mais je ne peux pas. Je dois tout garder pour moi. Je remarque que le fait de ne pas pouvoir me plaindre aux autres (« j’ai mal au dos, j’ai froid, je suis fatiguée, je m’ennuie ») fait que tous mes petits problèmes deviennent moins importants… Mon mental se charge toujours d’appuyer là où ça fait mal et je me plains dans ma tête, mais le fait de ne pas pouvoir l’extérioriser (et l’exagérer) auprès des autres m’oblige finalement à y faire face moi-même et à laisser passer.

coucher de soleil australie meditation vipassana

JOUR 4 : UN JOUR MAGIQUE


DAY OF VIPASSANA

Le matin du jour 4, je remarque que le tableau d’affichage indique « DAY 4 : DAY OF VIPASSANA ». Je viens donc de passer 30 heures à me concentrer sur mes trous de nez mais apparemment on n’avait toujours pas commencé Vipassana !

Pendant la méditation, Goenka nous explique que ces 3 jours étaient une préparation nécessaire pour que notre esprit soit assez calme et aiguisé pour commencer la technique. À partir d’aujourd’hui, les choses sérieuses commencent … Durant certaines heures de la journée, nous n’avons plus le droit de changer de position pendant toute l’heure de méditation. Aie, j’ai déjà si mal au dos, ça va être dur !

La première méditation Vipassana commence … Pendant 2 heures, nous apprenons à faire un « scan corporel », à porter notre attention sur chaque partie de notre corps l’une après l’autre et à ressentir nos sensations. La technique consiste à traiter toutes les sensations de la même manière, les bonnes et les mauvaises, car tout change, c’est la loi universelle de la nature :

– Si nous ressentons des sensations agréables, nous ne devons pas nous y attacher car lorsqu’elles partiront, cela nous rendra malheureux et nous allons créer du désir pour ces sensations agréables.
– Si nous ressentons des sensations désagréables, nous ne devons pas ressentir de l’aversion pour ces sensations, car cela nous rendra malheureux aussi. Nous devons les observer de façon neutre jusqu’à ce qu’elles disparaissent.

« Every sensation shares the same characteristic: it arises and passes away, arises and passes away. It is this arising and passing that we have to experience through practice, not just accept as truth because Buddha said so, not just accept because intellectually it seems logical enough to us. We must experience sensation’s nature, understand its flux, and learn not to react to it. » – S. N. Goenka

MON MOMENT MAGIQUE 

Dans nos vies si remplies, on ne prend jamais le temps de s’arrêter et d’écouter son corps, ses sensations. Ça me fait du bien d’être à l’écoute de moi-même ! Je me concentre, j’écoute mon corps partie par partie, je ressens d’abord des sensations dites grossières, désagréables, des douleurs (principalement dans mon dos !!). Au début, c’est dur de ne pas ressentir de l’aversion pour ces douleurs. Puis, je me met à les observer un peu comme si ce n’était pas mon corps, je localise ma douleurs, je reste concentrée dessus pendant quelques minutes puis je passe à une autre partie de mon corps.

Au bout d’un moment, je commence à percevoir des sensations agréables un peu partout dans mon corps. J’essaye de ne pas m’attacher mais c’est difficile. Je ressens des petits picotements, des frissons, puis je ressens comme un flux énergétique qui traverse tout mon corps. Sans m’en rendre compte, je passe ces 2 heures de méditation sans bouger d’un poil, complètement concentrée à l’intérieur de moi-même. Je ne sens plus mon corps, je ressens simplement un flux énergétique, des vibrations. J’ai l’impression d’être totalement sortie de mon corps et de l’observer depuis l’extérieur. Mes douleurs n’existent plus.

C’est un moment magique, je ressens une sensation de bien-être totale, de plénitude, de joie intense. Cette sensation repart, mes douleurs reviennent, la lourdeur de mon corps aussi, puis ça revient à nouveau. Je passe les 2 heures comme ça et j’ai du mal à revenir « sur terre » à la fin, je reste encore 10 min et en ouvrant les yeux, tout le monde était sorti du hall de méditation.

En me relevant, je ressens comme une contraction dans mon abdomen, comme si j’allais exploser de rire. Alors je sors vite du hall, et là, j’explose en sanglots. Alors ça, c’est vraiment sorti de nulle part ! Je pleurs toutes les larmes de mon corps pendant 10 minutes et ça me fait du bien ! D’où ça vient, ça je ne le sais pas, mais je sais que c’est profond et que j’avais besoin de le sortir ! Je me sens si légère après ça … La journée se termine par un magnifique coucher de soleil, un ciel en feu, et j’observe la beauté des couleurs (attention séquence cliché).

 

ANGOISSES, DOULEURS ET INSOMNIES


MON CORPS PART EN VRILLE 

Les jours suivent, mon corps lâche complètement. Toutes mes faiblesses corporelles se manifestent ! Ma douleur au dos s’intensifie et m’empêche de dormir. Des douleurs aux genoux apparaissent (je sais que j’ai une fragilité à ce niveau là et je peux avoir mal quand je pratique certains sports), je commence à faire une infection urinaire (pareil, je suis sujette à cela depuis mon enfance) et un problème que j’ai à la gencive depuis des années se manifeste aussi. En gros, j’ai mal partout. J’essaye d’appliquer la méthode mais j’ai du mal.

QUAND MES PEURS REMONTENT À LA SURFACE 

En plus de mes faiblesses physiques, mes faiblesses émotionnelles remontent elles-aussi à la surface ! Quel enfer ! De vieux sentiments viennent me dire bonjour, des moments où j’ai douté, culpabilisé dans ma vie, des regrets, des remords .. Bref des émotions bien sympathiques. Mais j’arrive plutôt bien à les gérer, j’essaye de les observer sans aversion pour les laisser partir.

Par contre, je fais de véritables crises d’angoisse et des cauchemars horribles par rapport à la vie qui continue à l’extérieur. Je me dis que ça se trouve ma famille est morte, qu’une météorite est tombée sur la France, qu’un de mes proches a eu un accident … Et Max … Il est tout seul dans notre home sitting à Melbourne. Ça se trouve il a eu un soucis et je ne peux pas le savoir ! Ça se trouve, il se rend compte que je ne lui manque pas et qu’il préfère continuer sa route tout seul, sans moi. Quand je vais rentrer, il ne sera plus là ! Je fais des crises de panique, j’ai du mal à respirer.

Le 6ème jour est un jour où pas mal de personnes abandonnent. L’intensité de l’expérience commence à peser, c’est le moment où nos plaies sont ouvertes, à vif, et c’est dur. C’est dommage de partir à ce moment-là car on rentre chez nous avec nos plaies ouvertes, sans avoir prit le temps de faire sortir le pu et de refermer cette plaie. C’est aussi un jour où Goenka nous parle de sujet sensibles comme la mort, comme quoi il y a un art de vivre mais aussi de mourrir. Que la mort n’est que l’apothéose de la vie. Je pense que ce sujet est dur à accepter pour certains.

THE WALKING DEAD 

J’ai l’impression que nous sommes tous des zombies ! On marche lentement, en regardant nos pieds, les yeux dans le vide, dans nos pensées. Personne ne se calcule. Je ne peux m’empêcher de penser à The Walking Dead et je rigole intérieurement. Dès que le gong sonne pour annoncer une heure de méditation, tout le monde s’arrête, se tourne et marche direction le hall de méditation. Un peu comme les zombies lorsqu’ils entendent un bruit et qu’ils se dirigent tous d’un coup vers ce bruit, toujours en marchant lentement. Je me dis que la situation doit être très bizarre vue de l’extérieur !

méditation vipassana nature plage

LES DERNIERS JOURS


GRATITUDE

À partir du 7ème jour, mes méditations sont plus paisibles. J’ai toujours quelques angoisses qui viennent, des douleurs, mais je leur donne moins d’attention, du coup, elles perdent de l’intensité. J’arrive à méditer sans bouger, je suis concentrée mais j’ai des flash qui me viennent de temps à autre. Que des souvenirs de mon passé. Je revis toute mon enfance, les grandes étapes de ma vie et je ressens beaucoup d’amour, de joie, de la gratitude. Je me dis que j’ai de la chance d’avoir toutes ces personnes incroyables qui m’entourent, d’avoir vécu des moments formidables avec elles.

Ça tombe bien, car le dernier jour, on pratique une nouvelle forme de méditation : Metta. À travers nos sensations de plénitude et de vibrations, nous devons envoyer de l’amour et de la compassion autour de nous. Je me donne à fond, je ressens que de l’amour, de la gratitude, je pense à tous mes proches et je leur envoie. Je ressens de la compassion pour les personnes qui m’ont blessées dans ma vie, je comprend que c’est parce qu’elles étaient malheureuses à ce moment-là. Aussi, je réalise que c’est moi qui décide de mon bonheur ou malheur. Si quelqu’un me blesse, je peux choisir d’y réagir avec impulsivité et agressivité, mais j’en serais malheureuse. Alors que si je réagis avec compassion, je peux faire en sorte que ce malheurs ne m’atteigne pas.

TOUT EST CHANGEMENT !

Une des grandes leçons de Vipassana, c’est que tout est changement, c’est la loi universelle de la nature. Je commence à l’assimiler et je comprends que mes sensations physiques comme mes émotions changent elles-aussi. Tout vient et tout part. La nature change, elle meurt et elle renait au gré des saisons. Je me met à observer plus attentivement la nature qui m’entoure lorsque je me promène dans le jardin et je me rend compte à quel point c’est vrai ! Je remarque une nouvelle fleur qui éclot dans un arbre et je souris.

Vipassana me fait l’effet d’une drogue dure je crois, car je ressens une vraie connexion avec la nature autour de moi. Comme si j’ouvrais enfin les yeux, je vois à quel point tout est vivant et tout est connecté, uni. Je sens que je fais partie de cette immensité tout comme cet arbre, cet oiseau, cette fourmi sur ma chaussure. Je me sens un peu comme dans Pocahontas, avec Grand-mère feuillage, ou bien dans Avatar et j’ai envie de crier « toruk makto ! ». (Ohlala je me rend compte en écrivant ces lignes à quel point je suis partie loin !! haha). J’ai presque envie de faire des câlins aux arbres 😉

Le dernier jour, le silence est levé à midi. Ça fait du bien de pouvoir partager enfin et découvrir toutes ces personnes qu’on a l’impression de connaitre depuis 10 jours ! J’ai fait de supers rencontres, des femmes avec qui je garde contact. Et tout fini bien, car Max est toujours à la maison quand je rentre et tous mes proches vont bien 🙂 Ahhh ces angoisses irrationnelles alors …

 


 

Pour terminer ce loooong article, Vipassana a finalement été une super expérience pour moi malgré des moments très difficiles. J’en ressors plus forte, plus consciente de moi-même et de mes sensations, en paix avec moi-même. Je vois la vie différemment, je sens que quelque chose à changé en moi, même si ce n’est pas une transformation radicale. J’ai gagné plus de confiance en moi car je sais que je suis capable d’aller jusqu’au bout. Pour une fois, je suis allée jusqu’à la ligne d’arrivée et je ne me suis pas arrêtée 2km avant car c’était trop dur 🙂

Je conseille réellement de vivre cette expérience avec vous même au moins une fois dans votre vie, même si vous n’avez jamais médité avant ! Tous les centres sont sur donation, vous donnez ce que vous pouvez à la fin des 10 jours, les conditions sont extraordinaires, la bouffe délicieuse et le service impeccable, uniquement donné par des volontaires ! Rien que le fait de se couper de toute technologie pendant 10 jours, c’est magique, on redécouvre l’ennui, on réapprend à observer et on redécouvre le goût des choses simples 😉

Je suis convaincue que le monde serait bien meilleur si on devait tous pratiquer Vipassana ! Apprendre à faire la paix avec nous-même pour mieux faire la paix avec les autres …

Alors, l’expérience vous tente ? 😉

 

Il n’existe rien de constant si ce n’est le changement. Bouddha


> Si vous avez aimé cet article, vous pouvez le partager sur les réseaux sociaux grâce aux boutons tout à la fin de l’article. Vous pouvez aussi l’épingler sur Pinterest pour le garder à portée de clic 🙂 

 

méditation retraite vipassana